Comment la performance énergétique d’un bien impacte son prix de vente ?

Loin d’être un simple critère technique, la classe énergie influence désormais de manière significative le prix de vente des biens, pénalisant les plus énergivores et favorisant les plus performants. C’est ce que révèle la dernière étude des Notaires de France sur la "valeur verte" des logements.

Une décote qui s’amplifie pour les appartements les plus énergivores

Si les années précédentes l’impact de l’étiquette énergie sur les prix des logements était moins significatif sur le collectif, notamment pour les plus mauvaises étiquettes, soit les F et G au regard du diagnostic de performance énergétique (DPE), ce n’est plus le cas en 2022, indique une étude des Notaires de FranceNote de bas de page 1.

Par rapport à un appartement similaire ayant un DPE de classe D, les appartements F ou G se sont vendus, en moyenne, 4 % moins chers à Paris, 10 % moins chers en Nouvelle-Aquitaine ou en Provence-Alpes-Côte d’Azur (Paca) et jusqu’à 11 % moins chers dans les Hauts-de-France.

Tandis qu’en 2021, la fourchette basse de la décote débutait à - 2 %, mais la haute atteignait également - 11 %.

Une belle valorisation pour les biens A ou B

À l’inverse, les appartements notés A ou B se vendent, en moyenne, 7 % plus chers que ceux classés F ou G dans les Pays de la Loire ou en Paca, 10 % plus chers en Bretagne et jusqu’à 20 % plus chers en Normandie.

Des prix en baisse jusqu’à - 22 % pour les maisons F ou G

Du côté des maisons, celles classées F et G se vendent, en moyenne, 5 % moins chères par rapport à une maison similaire classée D dans les communes de la petite couronne francilienne et jusqu’à 22 % moins chères en Nouvelle-Aquitaine. La décote est aussi importante en Auvergne-Rhône-Alpes (- 15 %), Centre-Val de Loire (- 17 %), Bourgogne-Franche-Comté (- 19 %) et dans le Grand Est (- 21 %).

En 2021, la décote sur les prix de vente des maisons oscillaient entre - 3 % et - 19 %.

+ 15 % pour les maisons les mieux notées

Les maisons classées A ou B se vendent, en moyenne, 4 % plus chères dans la grande couronne francilienne et jusqu’à 15 % plus chères en Occitanie ou dans le Grand Est par rapport aux maisons les plus énergivores.

⚠️

De plus en plus de passoires thermiques en vente

Selon l’étude des Notaires de France, la part des ventes de logements classés F ou G au regard du DPE a augmenté de + 7 % en 2023 par rapport à 2021, notamment suite aux premières annonces d’exigences minimales de performance énergétiques liées à la loi Climat & Résilience.

Si la hausse des ventes de logements énergivores est générale sur l’ensemble du territoire, certains secteurs se distinguent. La Lozère, la Creuse, le Cantal, les Alpes-de-Haute-Provence, les Hautes-Alpes et la Nièvre sont les départements avec la plus forte part de logements F ou G vendus, supérieure à 35 %, au 2ᵉ trimestre 2023.

Certains départements, comme le Tarn-et-Garonne, les Landes, les Pyrénées-Atlantiques, ont vu leur part de logements énergivores vendus exploser. Alors qu’elle ne dépassait pas les 5 % avant 2021, celle-ci s’établit à 11 % au 2 trimestre 2023. À Paris, cette part est passée de 12 à 32 %.

Tandis que dans les départements qui enregistraient déjà de fortes ventes de logements F et G, comme le Haut-Rhin, la Savoie et la Haute-Savoie, la part de logements énergivores dans les transactions a légèrement baissé entre le 2e trimestre 2021 et le 2e trimestre 2023.

1 : "La valeur verte des logements en 2022" (publié en novembre 2023) d’après les logements anciens (hors biens atypiques) vendus sur l’année 2022 en France métropolitaine (hors Corse). Cela représente environ 420 000 transactions d’appartements et 505 000 transactions de maisons

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