Bouilloires thermiques : l’État veut rafraîchir le débat !

Après les passoires thermiques en hiver, les différentes vagues de chaleur ont mis en lumière la difficulté de vivre dans les logements appelés « bouilloires thermiques » en été. Avec des canicules de plus en plus fréquentes, certains logements deviennent tout simplement invivables. Une proposition de loi veut imposer des équipements minimums aux propriétaires pour protéger les locataires de la surchauffe.

42 % des Français ont eu trop chaud chez eux l'été dernier. C’est le constat brûlant de la Fondation pour le logement des défavorisés. Face à un climat qui s’emballe, nos habitats peinent à suivre. Les vagues de chaleur, comme celle traversée début juillet, transforment certains appartements en véritables fours. Résultat : danger pour la santé des occupants, notamment les plus fragiles.

Face à cela, une proposition de loi transpartisane est dans les tuyaux. Élaborée avec l’aide de parlementaires de tous bords, elle sera déposée à l’Assemblée nationale cet été, pour une possible discussion dès l’automne. Objectif : que chacun puisse rester au frais, même en pleine canicule.

Des équipements bientôt obligatoires

Au cœur du texte : deux installations clés que les locataires pourraient exiger de leur bailleur :

  • Des protections solaires extérieures (volets, stores),
  • Des brasseurs d’air, plus efficaces que de simples ventilateurs.

Actuellement, seulement 60 % des logements sont correctement équipés sur leurs façades exposées (sud, est, ouest). Pour la Fondation, c’est le strict minimum : empêcher le soleil d’entrer, c’est limiter l’effet fournaise.

Le confort d’été entre dans le DPE

Autre révolution : le Diagnostic de performance énergétique (DPE), souvent décrié, va évoluer. Il devra désormais prendre en compte le confort d’été, et non plus uniquement les performances hivernales. Car un logement classé A peut très bien se transformer en étuve dès le mois de juin.

Un nouvel indicateur de confort estival apparaîtra sur toutes les annonces immobilières, ventes comme locations.

Et dès 2030, les pires “logements bouilloires” pourraient être interdits à la location comme c’est déjà le cas pour les passoires thermiques classées G.

La question de MaPrimeRénov’

Enfin, les aides publiques seront réajustées. Si l’État a d’ores et déjà annoncé une année 2026 sous le signe des économies en matière de dépenses publiques, MaPrimeRénov’, reste le principal levier financier pour la rénovation énergétique. Selon la Fondation, il faudrait 1,1 milliard d’euros par an pour rafraîchir les logements concernés. Un investissement de santé publique autant qu’un enjeu climatique. Après plusieurs annonces et revirement, le gouvernement n’a toujours pas communiqué sur l’avenir du dispositif.

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